Avent 2025 | Jour 14 : Retour à l'analogique
J’essaie de me souvenir du temps où je n’avais pas de téléphone portable : la pensée me donne le vertige. J’ai eu mon premier natel (comme on le dit ici en Suisse), l’été de mes 17 ans : un Alcatel vert-gris que mon grand-père m’avait offert. Je faisais un chantier de jeunes bénévoles dans le sud de la France, à Castellane, où je maniais avec une dextérité insoupçonnée le mortier et la truelle. L’outil avait un objectif tout à fait pragmatique et raisonnable : me permettre de donner des nouvelles à la maison.
C’était une époque où les sms avaient un nombre limité de caractères, étaient payants à l’unité et où le téléphone ne servait qu’à une chose : communiquer. Aujourd’hui, sa fonction première n’est de loin plus essentielle. Outil de travail, de recherche, de distraction, la chose que je fais sans doute le moins avec mon portable est de téléphoner. L’outil a pris beaucoup trop de place dans ma vie, d’autant plus que par mon métier de communicante, il m’accompagne au quotidien.
Aujourd’hui, j’aimerais l’espace d’un jour ou plus, le mettre de côté, et revivre dans un monde à nouveau analogique. Me rappeler comment c’était, quand on n’avait pas toutes ces distractions pour nous détourner des livres, de notre ouvrage, de notre ennui. Car voilà bien un constat de notre époque : de nos jours, on ne laisse plus de place à l’ennui, au vide, on a de cesse de le remplir et la créativité n’a plus l’espace pour jaillir ou s’épanouir. Alors ce week-end, je vous invite à (re-)trouver le goût d’un monde analogique, la patience et le temps qui lui étaient propres… Et qui sait, l’expérience nous donnera-t-elle l’impulsion d’appréhender la suite différemment, de trouver un nouvel équilibre ? Embrasser un nouvel art de la connexion – et de la déconnexion : je nous le souhaite !
Bon dimanche…
Des bisous en mode avion,
Vénusia

La photo : l’argentique, voilà une très jolie manière de réinvestir l’analogique. Un de mes clichés cracoviens, pris en Août 2022 avec un Praktica LB.