Le chalet de Vénusia

Avent 2025 | Jour 8 : Échec et mat

Pour commencer en beauté cette nouvelle semaine de l’Avent, je vous ai réservé l’une des activités les plus corrosives et décapantes pour l’égo : se pencher sur ses échecs.

En ce qui me concerne, je dois avouer sans fausse modestie être plus qu’au taquet en la matière si je compte le nombre de menues déconvenues, pour être gentille, ou d’abyssaux plantages, pour être objective, que j’ai enchaînés jusqu’à ce jour, avec une surprenante et prodigieuse régularité. Le succès selon Churchill étant d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme, je pense tout compte fait avoir plutôt très bien réussi ou, du moins, d’être en route vers ce dernier (car si c’est Churchill qui le dit, c’est incontestablement vrai, me voilà bougrement rassurée).

Ce qu’il y a de bien dans l’échec (car oui, c’est possible d’y trouver quelque chose de positif), c’est qu’il vous pousse à vous relever et à réveiller en vous des ressources parfois, voire toujours, insoupçonnées pour relancer la machine… La force devant l’adversité, l’énergie cathartique, le sursaut créatif, la résilience et compagnie… Bref, vous aurez compris.

Ce qui est en outre intéressant lorsque l’on passe en revue ses échecs passés n’est pas tant l’analyse de ses causes et conséquences, si tant est qu’on puisse toujours le faire (à qui la faute quand une tuile semble surgir du milieu de nulle part et enraye la délicate mécanique de votre vie avec pertes et fracas), mais l’exercice d’objectivation qu’il nous pousse à faire : l’observation, la prise de distance et la dissociation du fait (le revers) de sa victime (vous). En d’autres termes, une activité finalement salvatrice même si elle s’avère parfois (toujours) âpre, tant à l’exécution qu’au goût.

C’est pourquoi je vous invite à accompagner votre passage en revue de vos insuccès d’une belle et bonne part de gâteau (le sucre et le gras feront toujours des miracles), tout en vous rappelant que vos échecs ne sont que des succès reportés… Ce n’est pas Churchill qui le dit mais mon prof de gym lorsqu’il constate, d’un œil dépité mais toujours encourageant, le spectaculaire manque de souplesse dont je fais preuve pour toucher le bout de mes orteils… Et à l’instar de Winston, il a lui aussi toujours raison.

Des bisous, de l’échec et du gâteau,

Vénusia

2019_gateau

La photo : une tranche de medovik, cet incroyable et délicieux gâteau au miel russe à multitude de couches, que j’ai eu la chance de déguster il y a quelques années dans un salon de thé londonien.

#Avent 2025